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Affrontements informationnels : une nouvelle donne géopolitique ?

La guerre de l’information est une combinaison d’actions humaines ou technologiques destinées à l’appropriation, la destruction ou la modification de l’information selon trois logiques : manipulation de la connaissance, maîtrise des canaux de diffusion et interdiction d’émission[1].

L’attaque informationnelle[2] est un outil de la guerre de l’information. Elle désigne « une action délibérée et limitée dans le temps visant à utiliser la connaissance contre un adversaire choisi. […] phénomène rumoral visant à nuire intentionnellement à une entité identifiable, ou à ses intérêts ». Elle permet de poursuivre simultanément des objectifs de plusieurs natures : économiques, technologiques, militaires, réputationnels, etc. Selon Daniel Ventre il s’agit de « toute activité destinée à acquérir données et connaissances (et à en priver l’adversaire) dans une finalité stratégique, soit par des systèmes (vecteurs et moyens de traitement de l’information), soit par le contenu, en assurant une domination informationnelle[3] ».

L’attaque informationnelle peut prendre différentes formes, que ce soit une action de propagande (si elle est dirigée vers ses propres partisans), d’intoxication, de leurre, de calomnie ou de désinformation. Elle s’appuie sur divers outils tels que les cyberattaques, les vols de données, la propagande, ou la manipulation de l’information, entre autres.

Dans ce contexte où l’environnement informationnel et en son sein le cyberespace deviennent des terrains d’affrontement pour les États comme pour les acteurs non étatiques, les attaques informationnelles constituent autant d’outils au service d’acteurs en recherche d’influence culturelle, civilisationnelle, ou commerciale.

Les réseaux sociaux, nouveau théâtre des affrontements informationnels

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui à la fois les principaux vecteurs et outils de la guerre de l’information que mènent les acteurs étatiques et non étatiques dans le cyberespace[4].

Le visuel ci-dessous, proposé dans le rapport de l’OTAN de 2016 « Social media as a tool of hybrid warfare » présente les différents modèles et l’ADN d’une attaque informationnelle. [5]

Les différents acteurs y poursuivent des objectifs multiples : discréditer un adversaire, en temps de guerre mais surtout en temps de paix, assoir des intérêts politiques, économiques et diplomatiques, imposer et diffuser un narratif auprès d’une population…Tous ces objectifs répondent in fine à un impératif de domination informationnelle qui, dans un contexte militaire, s’impose comme la composante indispensable de la domination opérationnelle lors d’un conflit :

  • Qu’il s’agisse d’un conflit armé, comme le cas de l’Ukraine et de la Russie : la guerre de l’information a fait rage sur les réseaux sociaux russophones dans le cadre du conflit en Crimée. Au-delà des réseaux sociaux russes comme VKontakte, les réseaux Twitter et Facebook ont été largement investis par des « trolls » qui ont notamment créé des faux profils et des faux comptes pour amplifier les narratifs russes dans le but de délégitimer les manifestations pro-européennes au profit d’une intervention russe;[6]
  • Qu’il s’agisse d’un conflit politique et territorial non armé, comme c’est le cas à Hong Kong. Une campagne de désinformation contre Hong Kong, orchestrée par le Parti communiste chinois et conduite par des trolls chinois, a par exemple été révélée par Twitter[7]. Elle avait pour objectif de délégitimer le mouvement de manifestation à Hong Kong et promouvoir l’action diplomatique de Pékin.
  • Qu’il s’agisse enfin d’un conflit commercial dans le cadre d’une compétition globale comme c’est notamment le cas entre la Chine et les États-Unis, qui s’échangent régulièrement des tweets agressifs sur différents fronts (statut des Ouïghours, Coronavirus, Hong Kong, Taïwan…).[8] [9] L’exemple de du conflit commercial autour de Huaweï, accusé d’agir pour le compte de l’Etat chinois, est éloquent.[10]

Dans tous ces cas, l’attaque informationnelle doit permettre à la fois de contrer le narratif d’un adversaire et d’imposer le sien auprès de ses alliés comme de ses concurrents.

Les différents acteurs peuvent opérer sur les réseaux sociaux de façon ouverte dite « déclarée » (« overt ») par exemple en communiquant via leurs comptes officiels, ou de façon « déguisée » (covert).  Dans cette dernière configuration ils peuvent notamment utiliser de fausses identités et de faux comptes, comme l’a fait l’armée américaine, avec l’aide de l’entreprise Ntrepid, pour diffuser un narratif pro-américain au Moyen-Orient dans le cadre des opérations en Irak et en Afghanistan en 2011.[11] Ils peuvent aussi recourir à des armées de « trolls », parfois sous forme de bots comme décrites notamment par David Patrikarakos dans « War in 140 characters »,[12] pour saturer les réseaux adverses de commentaires les discréditant ou de les inonder de leurs propres narratifs (astroturfing). C’est par exemple le rôle de la « 50 Cent Army », armée de trolls chinoise, derrière notamment la campagne de calomnie contre Hong Kong[13] (entre 2019 et 2020). Ces mêmes méthodes sont également utilisées dans le cadre d’actions « déclarées », par exemple dans la conception de narratifs pro-Chine dans le cadre du Covid-19 (en avril 2020 notamment). Les messages de ces comptes sont ensuite repris par des médias chinois officiels comme « The Global Times » ou encore par des diplomates comme l’Ambassadeur de Chine à l’ONU à Genève[14]. De même, une armée de trolls liés au régime iranien, a déferlé sur les réseaux sociaux pour s’attaquer aux États-Unis et diffuser une propagande pro-Iran à la suite de la mort du général Soleimani.[15] Plus récemment enfin ce sont les « QAnon », ultra-nationalistes américains, soutenus par des proches du gouvernement, qui inondent actuellement les réseaux sociaux en vue des élections de 2020 pour présenter le narratif pro-Trump tant à l’intérieur des États-Unis qu’auprès d’audience externes.

Certains États exercent même un contrôle direct sur certains réseaux sociaux. C’est par exemple le cas de la Chine sur l’application TikTok, développée par la startup chinoise ByteDance pour le marché international sur la base de sa version originelle chinoise Douyin. Comme toute plateforme chinoise, elle fait l’objet de la censure gouvernementale par le biais de près de 400 « censeurs » chargés de s’assurer de la conformité de ses contenus avec la ligne du Parti communiste chinois. Malgré un modèle présenté comme plus ouvert et permissif, Tiktok n’est pas non plus à l’abri du contrôle de Pékin, accusé d’en avoir fait retirer des contenus allant à l’encontre de ses intérêts.[16] Suite à la promulgation de la récente de la loi « Sécurité nationale »[17] chinoise, dont l’objectif est de lutter contre la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, la plateforme a tout simplement été suspendue à Hong Kong. Ce nouveau dispositif permet ainsi à la Chine de contrôler l’information et ses narratifs dans une région où la contestation passait avant tout sur les réseaux sociaux.

Les médias traditionnels, et notamment ceux ouvertement et directement liés à certains États, ont également investi les réseaux sociaux. Par exemple, les comptes Twitter de Sputnik, RT ou encore AJ+ sont devenus les principaux relais des événements sociaux liés aux mouvements contre les violences policières en France. Ils accentuent et donnent de l’écho aux critiques, amenuisant la portée du narratif officiel. Ils contribuent directement et amplifient les campagnes de désinformation et de propagande orchestrées par les États.

Les cyberattaques comme vecteurs d’attaques informationnelles

Les cyberattaques, si elles ne sont pas un élément de guerre informationnelle en tant que telles, peuvent dans certains cas être conçues comme des outils au service d’une campagne informationnelle. Elles peuvent dans ce cadre être commanditées directement par des États ou des organisations affiliées, et viser tant des États que des entreprises stratégiques ou des personnalités publiques, …

Par exemple, le piratage de plusieurs aéroports vietnamiens[18] dans le cadre du conflit qui oppose le pays à la Chine en Mer de Chine du Sud, imputée à un groupe de pirates commandités par la Chine, a permis de diffuser des messages anti-Vietnam et anti-Philippines sur les écrans et dans les haut-parleurs des principaux aéroports du pays préalablement « défacés ». La cyberattaque a ainsi permis de diffuser un narratif rappelant la souveraineté de Pékin sur la mer de Chine, mais également de décrédibiliser et pointer les failles de sécurité des pays attaqués auprès du public international. C’est aussi le scénario de l’attaque contre la chaîne TV5 Monde de 2015, qui avait vu les comptes des réseaux sociaux de la chaîne « défacer » le site pour diffuser des messages faisant l’apologie du terrorisme et dénonçant les guerres menées par la France, alors que l’infrastructure de diffusion de la chaîne était hors de service et plus en capacité de diffuser. Le piratage d’une chaîne de télévision peut également se faire de façon plus discrète, via uniquement le site internet de la chaîne. Ainsi une campagne de désinformation anti-OTAN qui reposait sur le piratage de sites de médias officiels (via le Content Management System ou CMS des sites) afin d’y faire publier des faux articles a été découverte en 2020 (sous le nom de « ghostwriter », qui sévirait depuis 2017). Les cyberattaques étaient complémentaires d’autres méthodes : faux mails ressemblant à des mails officiels envoyés, faux journalistes auteurs d’articles; obligeant des membres de l’OTAN à réagir. Les attaques, méthodes et discours ont poussé certains États à soupçonner une action menée par la Russie, pour discréditer l’OTAN et les États-Unis.

D’autres cyberattaques ont pour objectif le vol de données dans le but de les republier sur les réseaux sociaux. Il est à cet égard important d’évoquer les « Hacking & Leaking Operation »[19] (« HALO »), particulièrement efficaces en période électorale. On peut citer notamment les fuite d’informations attribuées à la Russie[20] dans le cadre des campagnes des candidat Hillary Clinton et Emmanuel Macron et visant à les discréditer.  D’autres « leaks » impliquaient les correspondances mail de l’Internet Research Agency de Saint Petersbourg par le groupe b0ltai.org,[21] qui a permis de prouver que l’agence était en fait une fabrique à trolls russes impliqués dans le conflit qui opposait la Russie à l’Ukraine.[22]

Exemple d’utilisation étatique de la guerre de l’information : la Chine

La Chine assume pleinement et publiquement sa volonté de maîtriser le cyberespace. Le contrôle de l’information qui y circule est au cœur de sa stratégie comme en témoignent diverses publications de l’administration chinoise du cyberespace.[23] Plus précisément, l’un des objectifs de la Chine consiste à renforcer son contrôle sur Internet au niveau national pour maintenir l’autorité du Parti communiste chinois.

Dans le but d’élargir son contrôle sur l’information et sa propagande au-delà de ses frontières, la Chine se montre extrêmement proactive au sein des différentes organisations internationales pour y imposer ses narratifs[24] [25]. Son implication dans le jeu international se traduit d’une part par une stratégie d’entrisme auprès des différentes organisations globales (comme l’OMS), avec la volonté d’accroître son influence auprès de pays considérés comme négligés par les puissances occidentales La Chine mène ainsi une politique agressive sur les questions territoriales combinée à des opérations de séduction. À cet effet, son armée de faux comptes mobilisée sur les réseaux sociaux[26] lui permet aussi bien de diffuser des narratifs de propagande interne ou externe, que de mettre en cause ses adversaires, via notamment les comptes Twitter des médias officiels chinois.

Le cas de l’Australie est intéressant pour comprendre les méthodes et stratégies chinoises. À la fois un partenaire commercial majeur et cible privilégiée de la Chine[27], elle a subi, après avoir demandé l’ouverture d’une enquête internationale quant aux origines du Covid-19, une série de cyberattaques contre certaines entreprises stratégiques[28], agences gouvernementales, administrations (comme l’Université Nationale d’Australie),  partis politiques et le Parlement[29]. L’État australien, sans citer la Chine, a parlé d’attaques menées par un « acteur étatique sophistiqué » et regarde de façon appuyée vers la Chine avec qui les relations se sont dégradées depuis.[30]  Les cyberattaques, conçus comme les outils d’un conflit informationnel permettent ici à la Chine d’atteindre plusieurs objectifs simultanément : elles pointent les défaillances de l’Australie, l’obligent à réagir, mais agissent aussi comme une menace et servent de levier de négociation avec le partenaire commercial qu’est la Chine.

Dans le cadre de la crise de Covid-19, le comportement de la Chine dans le domaine informationnel, largement perçu comme agressif par les puissances occidentales, s’inscrit dans un contexte marqué par une recrudescence des attaques à son encontre. Ces attaques, xénophobes et racistes pour certaines, peuvent cacher des activistes proches de certains États, notamment des États-Unis[31], notamment avec de nombreux tweet assimilant Chine et coronavirus imputés à des « bots » de la mouvance QAnon[32] Dans ce contexte, l’enjeu majeur pour la Chine fût réputationnel, comme le relevaient les sénateurs Olivier Cadic et Rachel Mazuir dans une note de synthèse d’avril 2020[33].

Conclusion

Il faut sans doute s’attendre à une intensification de la guerre de l’information. L’un de ses protagonistes, la Chine, affirme en effet depuis quelques années une volonté d’expansion à la fois politique et commerciale, dont la guerre de l’information est l’un des vecteurs. Dans ce contexte, sa stratégie semble s’articuler autour d’une part d’attaques informationnelles contre ses adversaires et d’autre part de diffusion de narratifs destinés tant à séduire de potentiels partenaires parmi les États dits « développés » en Europe, qu’à promouvoir les bienfaits d’une puissance comme la Chine auprès de pays en développement[34]. C’est le jeu qu’elle a joué en Europe dans le contexte de la crise Covid-19[35]. La Chine insiste en effet sur sa générosité par la mobilisation de ses capacités industrielles au service des Etats touchés à leur tour par la crise, comme par exemple l’Italie. Et ce à grand renfort de communication sous le terme trouvé à l’époque de « diplomatie du masque ».[36]

La France et l’Europe ont, dans les guerres de l’information, un rôle généralement plus neutre sur les situations, les origines, les raisons et les moyens des attaques informationnelles. La France et l’Europe ont sans doute un rôle régulateur, notamment sur les réseaux sociaux, à jouer dans les affrontements informationnels, encore faut-il qu’elles continuent à l’imposer pour tenir un rôle clé du jeu de l’information.[37]  C’est un enjeu pour leur propre souveraineté.

L’un des prochains affrontements susceptibles de justifier une hausse des attaques informationnelles pourrait être la nouvelle course à l’espace. Le développement de narratifs a d’ores et déjà commencé, au vocabulaire guerrier, alors que la Chine tient aujourd’hui le haut du pavé.

 

[1] https://portail-ie.fr/resource/glossary/97/guerre-de-linformation

[2] https://portail-ie.fr/resource/glossary/86/attaque-informationnelle

[3] https://www.iris-france.org/note-de-lecture/cyberguerre-et-guerre-de-linformation-strategies-regles-enjeux/

[4] https://www.stratcomcoe.org/social-media-tool-hybrid-warfare rapport de l’OTAN « Social media as tool of hybrid warfare », 2016

[5] https://www.stratcomcoe.org/social-media-tool-hybrid-warfare

[6] https://www.courrierinternational.com/article/russie-une-armee-de-trolls-au-service-de-poutine

[7] https://www.forbes.com/sites/kenrapoza/2020/06/14/twitter-busts-chinas-info-war-campaign-against-hong-kong-pandemic/#17f384559e29

[8] https://www.sudouest.fr/2020/03/17/virus-chinois-pekin-indigne-par-le-tweet-de-donald-trump-7336716-4803.php

[9] https://www.franceinter.fr/monde/chine-usa-les-nombreuses-raisons-d-une-guerre-froide

[10] https://www.letemps.ch/opinions/huawei-technologies-coeur-dune-terrible-guerre-froide-numerique

[11] https://www.numerama.com/magazine/18319-l-armee-americaine-veut-manipuler-les-reseaux-sociaux-avec-de-faux-profils.html

[12] http://www.slate.fr/story/158692/gagner-guerre-twitter-facebook-reseaux-sociaux

[13] https://www.forbes.com/sites/kenrapoza/2020/06/14/twitter-busts-chinas-info-war-campaign-against-hong-kong-pandemic/#17f384559e29

[14] https://www.forbes.com/sites/kenrapoza/2020/06/14/twitter-busts-chinas-info-war-campaign-against-hong-kong-pandemic/#17f384559e29

[15] https://www.washingtonpost.com/gdpr-consent/?next_url=https%3a%2f%2fwww.washingtonpost.com%2fpolitics%2ffor-trump-and-iran-trolling-on-twitter-helped-escalate-tensions-on-the-battlefield%2f2020%2f01%2f09%2f04e81552-32f6-11ea-a053-dc6d944ba776_story.html

[16] https://knowledge.wharton.upenn.edu/article/singer-weaponization-social-media/

[17] https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/le-chinois-tiktok-se-retire-de-hong-kong-les-geants-americains-sur-leurs-gardes-1221844

[18] https://www.bbc.com/news/world-asia-36927674

[19] https://www.lefigaro.fr/vox/politique/la-france-doit-se-proteger-contre-la-desinformation-etrangere-20200604

[20] https://www.lemonde.fr/international/article/2016/10/17/elections-americaines-que-revelent-les-courriels-d-hillary-clinton-devoiles-par-wikileaks_5015324_3210.html

[21] https://www.stratcomcoe.org/social-media-tool-hybrid-warfare

[22] https://www.letemps.ch/monde/diplomatie-fuite

[23] http://www.pircenter.org/media/content/files/9/13512404110.pdf

[24] « Quand Pékin propose une mondialisation alternative », Alice EKMAN, journal Le 1 n°299

[25] Intervention de Nadège Rolland dans l’émission « Affaires étrangères » de Christine Ockrent sur France Culture dédiée à « Chine, Etats-Unis : l’escalade » du 23 mai 2020 avec Alice Ekman, Antoine Bondaz, Benjamin Haddad, Sébastien Jean et Nadège Rolland

[26] https://www.lefigaro.fr/international/cyberattaques-desinformation-surveillance-industrielle-la-grande-offensive-des-espions-chinois-20200717

[27] Rapport conjoint CAPS/IRSEM – « Les manipulations de l’information : Un défi pour nos démocraties », 4 septembre 2018

[28] https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/10/en-depit-des-menaces-de-represailles-l-australie-ne-veut-rien-ceder-a-la-chine-sur-hongkong_6045785_3210.html

[29] https://www.bbc.com/news/world-australia-46096768

[30] https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/19/l-australie-se-dit-victime-d-une-cyberattaque-d-un-acteur-etatique_6043366_3210.html

[31] http://www.opex360.com/2020/05/10/covid-19-un-rapport-chinois-redoute-une-confrontation-militaire-avec-les-etats-unis/

[32]https://www.centreforresponsibletechnology.org.au/pro_trump_accounts_coordinated_spread_of_china_bio_weapon_covid_conspiracy_theory

[33] https://www.senat.fr/presse/cp20200416b.html

[34] Intervention de Nadège Rolland dans l’émission « Affaires étrangères » de Christine Ockrent sur France Culture dédiée à « Chine, Etats-Unis : l’escalade » du 23 mai 2020.

[35] http://www.opex360.com/2020/05/10  /covid-19-un-rapport-chinois-redoute-une-confrontation-militaire-avec-les-etats-unis/

[36] https://www.lejdd.fr/International/aide-financiere-livraison-de-materiel-pourquoi-la-chine-se-demene-face-a-la-pandemie-de-coronavirus-3958973

[37] https://www.euractiv.fr/section/economie/news/time-to-tell-the-truth-on-chinese-disinformation-jourova-says/